Dans le quartier de la Mosson, les enfants découvrent l’impression 3D comme on entre dans un monde de possibilités. Chaque mercredi, et pendant tout l’été, le Fablab de l’espace Gisèle-Halimi ouvre ses portes aux jeunes curieux. La mission ? Apprendre à créer leurs propres jeux, de A à Z, avec des machines numériques. Une façon concrète de transformer l’éducation et de réduire les inégalités.
Des ateliers d’initiation à l’impression 3D pour les enfants de la Mosson
Les grandes vacances riment avec découverte. Le dispositif « Mon été à Montpellier » a permis à de nombreux enfants de pousser les portes du Fablab. L’ambiance y est électrique : les lasers découpent, les imprimantes 3D déposent leurs couches de plastique, et les casques de réalité virtuelle transportent les petits explorateurs dans d’autres univers. Un jeune garçon de neuf ans s’exclame, émerveillé : « On dirait de la magie ! »
Mathilde André, conseillère numérique, guide les participants. Elle leur montre comment modéliser un objet, choisir les bons paramètres d’impression et lancer la machine. L’objectif n’est pas seulement de créer un jouet, mais de comprendre tout le processus de fabrication. Les enfants repartent avec une pièce qu’ils ont imaginée, souvent un personnage de jeu vidéo ou un accessoire de jeu de société.
La création de jeux uniques : bien plus qu’un simple passe-temps
Ce qui frappe, c’est la diversité des créations. Des échecs personnalisés aux figurines de héros, chaque pièce est unique, pensée par l’enfant qui l’a modélisée. Cette initiation à la création développe la logique, la patience et la confiance en soi. Les enfants apprennent à se tromper, à recommencer, à améliorer leur prototype. Une véritable leçon de vie.
- 🖨️ Impression 3D : modélisation et fabrication d’objets personnalisés
- 🤖 Robotique : montage et programmation de petits robots
- ✂️ Découpeuse vinyle : création d’autocollants et de pochoirs
- 🎮 Réalité virtuelle : immersion dans des univers interactifs
- 🪡 Machines à coudre : initiation aux techniques de l’artisanat
L’impression 3D comme outil éducatif pour réduire les inégalités
Ces ateliers ne sont pas un simple divertissement. Ils s’inscrivent dans une démarche d’éducation et d’innovation sociale. En donnant accès à des technologies de pointe dans un quartier prioritaire, le Fablab de l’espace Gisèle-Halimi agit concrètement contre la fracture numérique. Les enfants de la Mosson apprennent à utiliser les mêmes outils que ceux des écoles privées les plus huppées.
L’enjeu est aussi scolaire. Les compétences acquises ici — résolution de problèmes, pensée spatiale, patience — sont directement transférables en classe. Les enseignants du quartier, formés en collaboration avec l’Éducation Nationale, le confirment : les enfants qui participent à ces ateliers se montrent plus concentrés et plus motivés.
Un espace pour tous : enfants, adultes et familles
La démarche ne s’arrête pas aux plus jeunes. Les adultes de la Mosson peuvent également utiliser les machines, gratuitement ou à tarif réduit. Un espace numérique met à disposition des ordinateurs et des conseillers pour les démarches administratives. On y croise des parents venus imprimer une pièce détachée, des retraités curieux, des étudiants en recherche de prototype.
Au-delà du numérique, le Fablab transmet les techniques de l’artisanat. Machines à souder, à découper le bois, à coudre : l’idée est de croiser les savoir-faire. Un menuisier peut y apprendre l’impression 3D, un développeur peut y découvrir la couture. Cette mixité crée une dynamique de quartier unique.
Et après ? Des ateliers mobiles toute l’année
Ces activités ne disparaissent pas avec la fin des vacances. Mathilde André le précise : « Le Fablab se déplace aussi dans les bibliothèques de la ville. » Des ateliers mobiles sont organisés un peu partout à Montpellier pendant l’année. De quoi permettre à ceux qui n’habitent pas le quartier de profiter de ces machines.
L’avenir de cette initiation à l’impression 3D à la Mosson passe aussi par le développement de partenariats avec les écoles. L’idée fait son chemin : intégrer ces pratiques dans les programmes dès le plus jeune âge. Alors, le quartier de la Mosson deviendrait-il un laboratoire de l’éducation de demain ? Une chose est sûre : les enfants qui passent ces portes ne regarderont plus jamais leurs jouets de la même façon. Et si le prochain grand game designer venait d’ici ?

Coralie a débuté comme blogueuse tech avant de rejoindre plusieurs rédactions web spécialisées. Elle suit de près l’IA, le gaming et les usages mobiles. Passionnée par les impacts concrets du numérique sur le quotidien.