Le numérique pèse lourd sur la planète. En 2026, l’explosion de l’IA et des usages vidéo aggrave encore une facture énergétique déjà salée. Face à ce constat, l’événement IciOnAgit ! Nancy, lancé en avril 2025 au Centre Prouvé, a mis le doigt sur un levier essentiel : la sobriété numérique. Retour sur ce temps fort et sur les pistes concrètes qui émergent pour concilier innovation et durabilité.
La sobriété numérique à Nancy : un enjeu écologique impossible à ignorer
Chaque recherche sur le web, chaque vidéo en streaming, chaque message stocké dans le cloud consomme de l’électricité. Les centres de données derrière ces services tournent 24h/24 et réclament des quantités d’eau astronomiques pour refroidir leurs serveurs. Résultat : l’empreinte carbone du secteur représente plus de 4 % des émissions mondiales, davantage que le trafic aérien. À Nancy, les utilisateurs ne se sentent pas toujours concernés, car tout paraît invisible.
Prenons un exemple concret : Léa, une étudiante à l’Université de Lorraine, regarde deux heures de Netflix par jour, sauvegarde toutes ses photos sur un service de stockage et utilise un assistant IA pour rédiger ses devoirs. Son activité numérique annuelle émet près de 500 kg de CO₂, soit l’équivalent d’un trajet Nancy-Marseille en voiture. Multiplie ce chiffre par 2,5 millions de Lorrains, et tu obtiens une montagne de gaz à effet de serre. Voilà pourquoi la transition numérique doit impérativement passer par un usage responsable des technologies.
Streaming et IA : les deux gros appétits énergétiques
Le streaming vidéo représente à lui seul 60 % du trafic internet mondial. Une heure de vidéo en haute définition consomme autant qu’une ampoule LED allumée pendant trois jours. C’est énorme, surtout quand on sait qu’une grande partie de ces vidéos ne sont jamais réellement visionnées.
Et puis il y a l’IA. Entraîner un modèle comme GPT-3 a nécessité plus de 1 300 mégawattheures, soit la consommation annuelle d’environ 300 foyers français. Chaque requête électrise ensuite des serveurs qui sont déjà sous tension. À Nancy, des chercheurs comme Samuel Nowakowski, enseignant au LORIA, travaillent pour optimiser ces algorithmes et réduire leur consommation énergétique. Des efforts encore peu connus, mais capitaux pour l’avenir.
Transition numérique : comment Nancy passe à l’action
Engagée dans une politique écologique volontariste, la métropole de Nancy encourage les initiatives locales capables de marier innovation durable et réduction de l'empreinte numérique. L’événement IciOnAgit !, organisé par le groupe EBRA les 25 et 26 avril 2025 au Centre Prouvé, illustre cette dynamique. Pendant deux jours, experts, collectivités et citoyens ont échangé sur des solutions concrètes pour faire baisser la facture environnementale du digital.
La conférence phare, intitulée « Sobriété numérique : repenser nos usages pour un futur durable », a réuni un panel d’intervenants éclectiques. Romaric David, chef de la Cellule Technique du Pôle Recherche de l’AMIAD, a montré comment le ministère des Armées intègre l’IA tout en limitant ses impacts. Sabine Petitjean, directrice adjointe du Numérique à l’Université de Lorraine, a partagé des pistes pour sensibiliser les étudiants. François Zaninotto, fondateur de MARMELAB, a présenté des solutions open source et low-tech développées dans son laboratoire nancéien. Des exemples qui prouvent que la sobriété n’est pas un retour en arrière, mais une nouvelle façon d’innover.
Sobriété numérique et rôle des territoires
Les collectivités ont un pouvoir de transformation énorme. Éteindre les serveurs inutiles, mutualiser les équipements, choisir des logiciels éco-conçus : chaque décision publique pèse. Nancy, à travers son label French Tech et son implication dans le réseau des villes durables, tente d’encourager une écologie concrète, où le numérique ne se fait pas au détriment de la planète.
Une piste encouragée lors de l’événement : la création d’un label « numérique responsable » pour les entreprises locales. Ce dispositif valoriserait celles qui réduisent le cycle de vie des appareils, optimisent leurs data centers ou forment leurs équipes à l’usage responsable. De quoi transformer une contrainte apparente en avantage compétitif et en attractivité pour les talents sensibles aux questions environnementales.
Des usages responsables : des leviers à activer dès maintenant
Pas besoin d’être ingénieur pour agir. Derrière chaque pratique du quotidien se cache une alternative plus sobre. Et cette prise de conscience peut commencer par des gestes simples, applicables aussi bien à la maison qu’au bureau. Voici une liste d’actions concrètes à mettre en place sans attendre :
- 📉 Limiter le streaming en haute définition : privilégie la qualité standard sur mobile, tu réduis ta consommation de 80 %.
- 🔋 Mettre en veille ses équipements : un ordinateur en veille consomme encore 10 à 20 % de sa puissance de fonctionnement.
- ♻️ Allonger la durée de vie des appareils : réparer plutôt que jeter, c’est le cœur de la réduction des déchets électroniques.
- 🌱 Désencombrer ses données : supprimer les vieux mails et fichiers en double allège les serveurs et donc la facture climatique.
- 🌍 Privilégier les moteurs de recherche écologiques : des alternatives comme Ecosia reversent leurs bénéfices à des projets de reforestation.
- 💡 Choisir des appareils reconditionnés : un smartphone reconditionné évite l’extraction de métaux rares et réduit l’impact industriel.
Réduire les déchets électroniques : une affaire de proximité
À Nancy, des repair cafés et des ateliers de reconditionnement fleurissent. Des structures comme MarmaLab, justement, ouvrent leurs portes pour apprendre à réparer son ordinateur ou à installer un OS léger sur une machine vieillissante. Ce genre d’initiative réduit directement les déchets électroniques, un fléau qui croît trois fois plus vite que le recyclage.
L’économie circulaire devient ici une réalité tangible. En réutilisant un ordinateur portable d’entreprise pour un étudiant, on évite la fabrication d’un nouvel appareil, avec toutes les émissions associées. Ce circuit court, pensé localement, allie justice sociale et respect environnemental. La sobriété numérique ne se contente plus de réduire la casse : elle tisse de nouveaux liens de solidarité.
Alors, quel geste adopter dès aujourd’hui pour ton territoire ? La balle est dans ton camp.

Coralie a débuté comme blogueuse tech avant de rejoindre plusieurs rédactions web spécialisées. Elle suit de près l’IA, le gaming et les usages mobiles. Passionnée par les impacts concrets du numérique sur le quotidien.